Ecologie, sécurité,
formation

Depuis
1921

Façon
Ile Maurice

Atout
économique

Tout un écosystème autour du cerf

Le long voyage du cerf Rusa

Un habitat et un équilibre préservés

Un atout économique

L’attrait des saveurs

LE LONG VOYAGE DU CERF RUSA

Introduit sur la côte est de l’île en 1639 par les colons hollandais, le cerf vivant à Maurice est originaire de Java, dans le sud-ouest de l’Indonésié. La Compagnie néérlandaise des Indes Orientales (VOC) y avait implanté une colonie pendant les premières décennies du XVIIe siècle. En faisant de même à l’île Maurice à la même époque, la VOC avait ramené, de Java, une plante et un animal afin d’exploiter la première commercialement et d’utiliser le second comme source de viande fraîche : la canne à sucre et le cerf. 

Les premiers spécimens de cerf rusa (ou cerf de Java) arrivent ainsi sur des navires hollandais depuis l’autre côté de l’océan Indien, après une longue traversée. L’île Maurice n’a d’ailleurs pas été la seule à avoir accueilli cette espéce de cerf : elle a également été introduite à La Réunion voisine, à Bornéo, dans plusieurs archipels et îles du Pacifique – Fidji, Samoa, Tonga, Vanuatu entre autres – , en Australie et en Nouvelle-Zélande. 

Dans son île d’origine, le cerf de Java a pour prédateurs diverses espèces de léopards, de chiens sauvages et de crocodiles. Rien de tel à l’île Maurice: la population de cerf y a rapidement prospéré après le départ des Hollandais et pendant les périodes de colonisation française puis britannique. L’activité de chasse est donc devenue le seul moyen de contrôle de la population de cet herbivore – évaluée à 70 000 têtes – qui, autrement, causerait un déséquilibre des écosystèmes des forêts et de la savanne où il vit. Cela, sans oublier les risques pour les exploitations agricoles et une partie de la flore endémique menacée de l’île Maurice.

Les cerfs mâles de l’île Maurice ont été catégorisés selon les noms locaux ci-dessous, attribués d’après leurs cornes respectives :

  1. Le «  daguet  », qui n’a qu’une dague de chaque côté de la tête (noter que c’est le seul à avoir de vraies dagues) ;
  2. Le «  trois-cornichons  », dont chaque bois est doté de trois petites cornes ou cornichons ;
  3. Le «  premier grands-bois  », qui, pour la première fois, porte des grands bois et dont l’andouiller principal dépasse le moyen ;
  4. Le «  gros-cerf  »; une appellation plutôt vague. On a tendance à qualifier le «  gros-cerf  » moyen de « jeune gros-cerf  » ou de « cornard », terme qui se rapporte plus clairement au type de bois que porte donc ce type de cerf adulte.

Le cerf mâle a des cornes pleines et caduques, appelées « bois », qui tombent tous les ans vers le mois de décembre. Après la repousse, le cerf enlever l’enveloppe duveteuse des bois en la frottant énergiquement contre certains arbres. On dit alors qu’il « fraye » ou « touche au bois ». Vers juin, les derniers rubans sont tombés. Il a fini de « perler » et ses bois ont atteint leur développement complet.

UN HABITAT ET UN ÉQUILIBRE PRÉSERVÉS

Le cerf est devenu, au fil des siècles, un élément de l’écosystème des zones naturelles où il évolue à l’île Maurice. Il est à la fois un atout pour le contrôle de certaines espèces végétales invasives dont il se nourrit et pour la fertilisation des sols, et une menace pour des espèces végétales endémiques menacées et pour l’équilibre de l’écosystème de son milieu naturel si sa population devient trop importante et incontrôlée.

La chasse a donc pour atouts de contrôler cette population de cerfs, de fournir de la viande fraîche et saine au marché mauricien, et de participer directement et indirectement à l’entretien et la protection de zones naturelles – de plus en plus menacées par le développement infrastrucrel et urbain du pays.

Les domaines de chasse – plus de 80 – couvrent au total près de 17 000 hectares de terres (forêts et savanne), principalement dans le centre, le sud, l’ouest et l’est de l’île. Ils demandent un entretien régulier afin de préserver ces « zones vertes » qui sont indispensables pour l’équilibre écologique du pays, pour le cycle de pluie et pour leur contribution au cachet naturel qui aide au développement de l’écotourisme. Une partie de ces terres utilisées pour la chasse sont la propriété de l’Etat mauricien, qui les loue à bail à des particuliers ou des sociétés, qui se chargent de l’entretien et du contrôle de ces domaines. 

La chasse au cerf a donc aussi pour résultat positif la préservation d’un patrimoine naturel qui appartient à tous les Mauriciens.

UN ATOUT ÉCONOMIQUE

Le cerf étant un animal qui vit en pleine nature, très actif et se nourrissant des végétaux de la forêt et de la savanne, sa viande est saine. Elle est très faible en graisse et libre de tout additif chimique ou biologique, et très appréciée par les gourmets. Chaque année, 550 tonnes de viande de cerf, obtenues localement, arrivent sur le marché mauricien. Le chiffre d’affaires de ce marché dépasse ainsi Rs 150 millions, en contribuant à l’économie nationale. Les activités liées à l’achat, le transport et le conditionnement de cette viande générent aussi des revenus et des emplois, ainsi qu’une dynamique d’économie circulaire et d’interaction sociale qui profite à toutes les parties concernées.

Les propriétaires et locataires de domaines de chasse au cerf, ainsi que les directeurs de chasse, s’astreignent à préserver et contrôler les atouts naturels de ces espaces et à assurer la bonne santé des cerfs qui y vivent.

Ces activités sont elles aussi sources d’investissements et de revenus qui contribuent à la dynamique économique – notamment avec l’emploi de personnel et l’achat de compléments alimentaires naturels, au besoin, pour les cerfs.

Le cerf est également un atout économique grâce à l’existence des zones naturelles protégées et bien gérées où il évolue. Hors saison de chasse, elles sont des terrains de choix pour des activités de randonnée et de découverte qui contribue à l’essor grandissant de l’écotourisme et d’un tourisme intérieur à l’île Maurice – plus connue depuis des décennies pour ses plages blanches et ses lagons émeraude.

L’ATTRAIT DES SAVEURS

Viande fine et saine, au goût de gibier discret, celle du cerf de java est appréciée sur toutes les tables mauriciennes, dans tous les milieux. Les traditionnels civets, currys et « sauté » de cerf sont des incontournables de la cuisine locale, surtout pendant la saison de chasse quand la viande fraîche est disponible. Le cerf est ainsi – en sus de ses autres caractéristiques – un ingrédient de la culture mauricienne et du savoureux mélange d’influences qui le rend attrayant.

Depuis des générations, dans chaque foyer où s’apprête la viande de cerf, la cuisinière ou le cuisinier a sa petite recette personnelle pour sublimer cette viande qui demande parfois une préparation spéciale selon le morceau choisi.

Les restaurants offrent aussi à la clientèle le choix de goûter à leur propre interprétation du civet ou du « curry sec » de cerf. Le petit resto traditionnel du village, ou le resto-bistrot implanté au voisinnage des nouveaux ensembles résidentiels, ou encore les restaurants chics ou gastronomiques des hôtels haut de gamme de l’île font figurer la viande de cerf sur leurs menus. 

L’attrait pour cette cuisine à base de viande de cerf contribue donc, lui aussi, à une économie circulaire saine, à l’offre touristique mauricienne, et à une dynamique sociale qui fait la part belle à la camaraderie autour d’un « gajack » (expression locale pour amuse-bouche) ou d’un plat en sauce.

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